Plantes et règles douloureuses : le pouvoir de la nature sur le cycle menstruel
Bouillotte vissée sur le ventre, poitrine sensible, fatigue, humeur qui chavire sans prévenir, chaque mois, le cycle menstruel s'accompagne de sensations dont on se passerait volontiers. Qui n’a jamais écourté une soirée, annulé sa séance de sport ou serré les dents en pleine réunion à cause de ses règles ? On a souvent appris à les taire, comme si avoir mal faisait simplement partie du « contrat » féminin. Et si les plantes pouvaient apporter un peu de douceur pendant cette période ? Pas pour faire disparaître le cycle comme par magie, mais pour cesser de le subir et d'apprendre à l’écouter.
Depuis des siècles, les femmes se transmettent des recettes de tisanes, de décoctions et de macérations pour traverser leur cycle plus sereinement. Ce savoir de grand-mère connaît aujourd'hui un vrai regain d'intérêt, au point de remplir les rayons des pharmacies comme ceux des magasins bio. Découvrez quelles plantes pour les règles douloureuses méritent votre attention, comment les utiliser et les précautions à connaître.
- Pourquoi se tourner vers les plantes pendant son cycle menstruel ?
- Phytothérapie et règles douloureuses, quelles plantes choisir ?
- Quelles plantes pour accompagner le syndrome prémenstruel ?
- Comment utiliser les plantes au fil du cycle menstruel ?
- Quelles précautions prendre avant d'utiliser des plantes en cas de règles douloureuses ?
- Plantes et règles douloureuses : que faut-il retenir ?
Pourquoi se tourner vers les plantes pendant son cycle menstruel ?
Aucune femme ne vit son cycle de la même façon. Certaines ont surtout mal au ventre, d’autres se sentent gonflées ou à cran. La phytothérapie permet de choisir selon ce que l’on ressent au bon moment.
La phytothérapie, c'est tout simplement l'art de prendre soin de soi avec les plantes. Le mot vient du grec phuton, « plante », et therapeia, « soin ». Elle utilise les principes actifs contenus dans les feuilles, les fleurs, les racines et les graines, sous forme de tisanes, de gélules, d'extraits, de bourgeons ou de teintures mères. Longtemps réservée aux herboristes, elle s'est largement démocratisée.
Ce jean qui serre soudain plus que la veille, cette envie de pleurer devant une publicité, ces tiraillements au réveil, tous ces inconforts n’arrivent pas n’importe quand. Ils suivent les variations hormonales propres aux différentes phases du cycle menstruel. Les écouter, c’est déjà mieux se connaître.
Les plantes utilisées en phytothérapie renferment des composés actifs, et chacune est traditionnellement associée à un besoin particulier :
- Le confort du bas-ventre pendant les règles à l’aide du gingembre ;
- La détente quand le ventre se crispe avec le fenouil ou la camomille ;
- L’équilibre du cycle grâce au gattilier ;
- La sérénité dans les jours qui précèdent les règles par le safran ou la mélisse ;
- Le drainage et la détox du foie avec le pissenlit et le romarin.
Phytothérapie et règles douloureuses, quelles plantes choisir ?
Entre la tisane que nous conseillait notre grand-mère et la gélule repérée au rayon bien-être de la pharmacie, il existe de nombreuses astuces naturelles pour soulager les règles douloureuses. Quand on a le ventre en vrac, plutôt que de tout essayer, mieux vaut partir de ce que l'on ressent et demander conseil à une sage-femme ou à un pharmacien partenaire. Crampes, ventre gonflé, nuits agitées ou règles abondantes, chaque situation détient son alliée.
Pour les crampes, le gingembre
Le gingembre est l'une des plantes les plus populaires pour accompagner les jours de règles. Sa racine piquante se trouve partout, fraîche au rayon fruits et légumes, en poudre au rayon épices, ou en gélules en parapharmacie.
Ses composés actifs, les gingérols et les shogaols, lui donnent son goût piquant. C’est aussi l’un des remèdes de grand-mère les plus cités quand les règles s’accompagnent de nausées. Une tasse de gingembre frais, dès les premiers tiraillements du matin, devient vite un petit rituel.
À ses côtés, deux épices du placard méritent leur place :
- La cannelle, traditionnellement utilisée pendant les règles, se glisse dans une tisane ou un porridge (choisissez celle de Ceylan, bien moins riche en coumarine que la cassia) ;
- Le curcuma, autre épice de tradition, s'associe toujours à une pincée de poivre noir et à un peu de matière grasse, sans quoi il est mal assimilé.
Pour le ventre gonflé et crispé, le fenouil
Ses petites graines, que l'on mâchonne parfois en fin de repas, doivent leur parfum anisé à l'anéthol et à la fenchone. Le fenouil est utilisé pour le confort digestif et les petits spasmes, ce qui en fait un bon compagnon quand les jours de règles riment avec ventre gonflé.
Écrasez les graines juste avant l'infusion, avec le dos d'une cuillère, pour libérer leurs arômes. Ne dépassez pas 7 g de graines par jour, ni deux semaines d'affilée.
Pour les soirées difficiles, la camomille et ses alliées
La camomille matricaire, c'est la tisane qu’on se prépare en pyjama, plaid sur les genoux, quand la journée a été longue. Elle est en plus généralement très bien tolérée. Ne la confondez pas avec la grande camomille, une tout autre plante. Sur l'étiquette, cherchez le nom latin “Matricaria recutita”.
La mélisse et la fleur d'oranger se marient bien avec elle pour un rituel du soir. Pour les nuits où l’on se retourne sans cesse à cause des crampes, la valériane est utilisée pour favoriser l’endormissement. Son odeur très marquée fait qu'on la préfère en gélules (à réserver au soir car elle peut rendre somnolente).
Pour les règles abondantes, l’alchémille
Vous connaissez certainement ces journées où l’on surveille l’heure pour changer de protection ou lorsqu’on vérifie systématiquement sa jupe en se levant de sa chaise. L’alchémille est la plante que les herboristes associent habituellement aux règles abondantes.
Son nom vient des alchimistes, qui recueillaient les gouttes de rosée perlant au creux de ses feuilles. La forme plissée de l’alchémille lui vaut le surnom de “manteau de Notre-Dame”. Riche en tanins, des composés astringents, elle est proposée par les naturopathes lors des règles abondantes, en tisane ou en teinture mère.
Pour accompagner le cycle en douceur, les plantes traditionnelles
D'autres plantes accompagnent le cycle féminin depuis des générations, et leur usage repose avant tout sur la culture de tradition :
- L'achillée millefeuille, fleur des chemins au goût amer, est habituellement utilisée pour apaiser les petites crampes liées aux règles ;
- La feuille de framboisier, qu'on surnomme parfois “l'herbe des femmes”, est réputée pour accompagner le confort du bas-ventre tout au long du cycle. Son infusion douce, qui rappelle un thé léger, se boit dans les jours qui précèdent les règles ;
- La sauge est associée à l'équilibre du cycle féminin, en raison de ses composés proches des œstrogènes. Elle ne se prend jamais plus de deux semaines d'affilée, car elle contient de la thuyone, une substance toxique à forte dose.
Plante vedette ou alliée ancestrale, l'essentiel reste de partir de ses propres besoins et d'observer, cycle après cycle, ce qui nous fait du bien.
Pour les jours difficiles, notre tisane maison
Lorsque vos règles vous empêchent d’aller au travail car elles sont trop douloureuses ou trop abondantes, vous pouvez préparer un simple mélange avec :
- 1 cuillère à café de graines de fenouil légèrement écrasées ;
- 1 cuillère à café de fleurs de camomille matricaire ;
- 1 cuillère à café de feuilles de mélisse ;
- Quelques rondelles de gingembre frais, pour une touche piquante (facultatif).
Versez une grande tasse d'eau frémissante, couvrez et laissez infuser dix minutes. Filtrez, ajoutez un filet de miel si vous le souhaitez, et savourez bien au chaud, une bouillotte sur le ventre. Vous pouvez boire jusqu'à trois tasses par jour.
Quelles plantes pour accompagner le syndrome prémenstruel ?
Le SPM, c'est cette période où tout nous agace, où notre conjoint respire soudain trop fort et où le moindre mail nous fait monter les larmes aux yeux. Il ne vient pas d'un excès d'hormones, mais d'une sensibilité particulière à leurs variations dans les jours qui précèdent les règles. Il n’est pas question d'éteindre une douleur en urgence, mais d’accompagner le cycle en douceur, et sur la durée.
Pour les seins sensibles et l'irritabilité, le gattilier
Derrière son drôle de surnom, “poivre des moines”, se cache le gattilier (Vitex agnus-castus), un arbuste méditerranéen dont on utilise les petites baies séchées. C'est l'une des plantes les plus associées au syndrome prémenstruel en Europe. Il est proposé pour calmer la poitrine douloureuse, l'irritabilité ou les sautes d'humeur qui précèdent les règles.
Il se prend en cure, tous les jours, sur plusieurs cycles. La seule condition, c’est de lui laisser le temps. On conseille généralement d'attendre environ trois cycles avant de faire le point.
Pour les humeurs en dents de scie, le safran
Vous avez la larme facile, le moral en berne ou l'anxiété qui grimpe juste avant vos règles ? Le safran, cette épice précieuse aux filaments rouges, est de plus en plus proposé en complément pour adoucir l'humeur en fin de cycle. On le trouve sous forme d'extrait ou en gélules.
Pour les jours à fleur de peau, la mélisse et l'onagre
La mélisse accompagne aussi les jours où les nerfs lâchent plus vite que d’habitude. Quant à l'huile d'onagre, grand classique des conseils entre copines pour les seins sensibles, elle se prend en capsules sur plusieurs semaines. À chacune de voir si elle lui convient.
Pour le ventre lourd avant les règles, le romarin et le pissenlit
Le romarin est utilisé pour le confort digestif et le pissenlit est connu pour favoriser l’élimination de l’eau. Ce duo bien connu des herboristes est aussi associé, en naturopathie, au drainage du foie avant les règles. Pendant les 7 jours qui précèdent les règles, prenez le romarin en tisane jusqu’à trois fois par jour et le pissenlit en teinture mère deux fois par jour.
Le soin par les plantes demande de la régularité. C'est sur plusieurs cycles, et non au jour le jour, que l'on découvre celles qui nous conviennent vraiment.
Comment utiliser les plantes au fil du cycle menstruel ?
Le piège classique est de penser aux plantes le jour où l'on est déjà pliée en deux sur le canapé. Elles trouvent mieux leur place quand on les cale sur son propre rythme.
Le calendrier du cycle menstruel pour mieux s’organiser
Chaque période du cycle a ses plantes de prédilection :
- Les jours avant les règles (environ 7 à 10 jours), place à la mélisse le soir, au safran si le moral flanche au romarin et au pissenlit si le ventre se fait lourd. Le gattilier, lui, se prend quotidiennement sur plusieurs cycles ;
- La veille et les premiers jours des règles, c'est le moment du gingembre (dès les premiers tiraillements), puis du fenouil et de la camomille en tisane ;
- Le reste du cycle, on laisse souffler son corps et on fait une pause.
La bonne formule pour chaque besoin
Tisane, gélules, teinture mère, huiles essentielles ou bougeons, chaque forme délivre ses atouts :
- La tisane associe les actifs de la plante à la chaleur, qui détend déjà le ventre à elle seule. Idéale pour le fenouil, la camomille, la mélisse ou l'alchémille, elle s'infuse 5 à 10 minutes à couvert pour garder tous ses arômes ;
- Les gélules offrent une dose précise et régulière, sans rien préparer. C'est la forme la plus courante pour le gattilier, le safran ou le gingembre ;
- La teinture mère, faite de plantes macérées plusieurs semaines dans l'alcool, se prend en gouttes diluées dans un peu d'eau. Pratique à glisser dans son sac, mais elle est à éviter si l'on doit se passer d'alcool.
- Les huiles essentielles, très concentrées, s’utilisent surtout en massage, à raison de quelques gouttes diluées dans de l’huile végétale. Jamais pures sur la peau ni avalées sans avis professionnel, elles sont déconseillées pendant la grossesse, chez les enfants et les personnes épileptiques ;
- Le macérat de bourgeons, issu de la gemmothérapie, emploie les jeunes pousses fraîches de la plante, macérées dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine. Quelques gouttes dans un verre d’eau, en cure, suffisent.
Les gestes du quotidien pour aller plus loin
Les plantes s'intègrent encore mieux lorsque vous instaurez une routine globale :
- Une bouillotte sur le ventre ;
- Un massage abdominal en mouvements circulaires, avec une huile végétale et quelques gouttes d'huile essentielle d'estragon ou de basilic sacré ;
- Une bouteille d’eau toujours à portée de main ;
- Un peu de marche ou de yoga doux ;
- Des nuits réparatrices.
Pour savoir ce qui vous convient vraiment, notez chaque jour votre inconfort sur 10, votre humeur et la plante testée. Au bout de deux ou trois cycles, ce petit carnet devient une mine d'informations, y compris à montrer à votre médecin.
Quelles précautions prendre avant d'utiliser des plantes en cas de règles douloureuses ?
Ce n'est pas parce qu'une plante pousse dans un jardin qu'elle est sans effet. Elle contient des composés actifs, et quelques précautions s'imposent.
Les contre-indications à connaître
Avant de vous lancer, vérifiez que vous n'êtes pas concernée par l'une de ces situations :
- Avant 18 ans, pendant une grossesse, un projet de bébé ou l'allaitement ;
- Avec une contraception ou un traitement hormonal, notamment pour le gattilier ;
- En cas d'antécédent de cancer hormonodépendant ou d'endométriose pour le fenouil et la sauge ;
- En cas de calculs biliaires ou de problème de vésicule, pour le romarin et le pissenlit ;
- Avec un traitement anticoagulant, pour le gingembre et la cannelle à forte dose ;
- En cas d'allergie à la marguerite, à l'ambroisie ou à l'armoise, pour la camomille et l'achillée et le pissenlit.
Restez méfiante aussi envers certaines plantes vendues dans des compléments « spécial règles », comme l'actée à grappes noires, avec laquelle de rares atteintes du foie ont été signalées. En cas de doute, votre pharmacien reste le mieux placé pour vérifier les interactions.
Les signaux d'alerte
Avoir un peu mal pendant ses règles, c'est fréquent. Mais se tordre de douleur au point d’annuler ses projets n’a rien de normal, même si on vous a répété le contraire depuis l’adolescence. Consultez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme si la douleur :
- Vous oblige à manquer les cours, le travail ou vos activités ;
- Résiste aux antidouleurs habituels ;
- S'aggrave d'année en année ou apparaît après des années de règles sans douleur ;
- Apparaît pendant les rapports sexuels, en allant à la selle ou en urinant.
Prenez rendez-vous aussi si vos règles sont très abondantes ou s'accompagnent de saignements entre deux cycles. Tous ces signes peuvent évoquer une endométriose ou un autre problème gynécologique. Les plantes soutiennent votre organisme mais ne remplacent pas une prise en charge médicale.
Plantes et règles douloureuses : que faut-il retenir ?
Les plantes pour règles douloureuses peuvent devenir de précieuses alliées du quotidien :
- Gingembre et fenouil pour les jours de crampes ;
- Camomille pour les soirées difficiles ;
- Alchémille quand le flux s’emballe ;
- Romarin et pissenlit quand le ventre se fait lourd ;
- Gattilier et safran avant les règles.
La phytothérapie offre une vraie palette pour traverser son cycle menstruel plus confortablement. À chacune de composer sa routine.
Au fond, personne ne connaît mieux votre cycle que vous. Écoutez-le, testez sans vous presser, respectez les précautions, et ne laissez personne minimiser une douleur qui sort de l’ordinaire.
Votre cycle ne sera peut-être jamais une partie de plaisir, mais il peut devenir un peu plus doux à vivre. Et si c'était l'occasion de prendre soin de soi, d'écouter son corps et de se réconcilier avec sa féminité ?
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
https://mysorio.com